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L'IA générative levier de résilience des fournisseurs IT français

Les données de Numeum sont claires : Sur l’IA, le secteur numérique français a franchi le cap de la curiosité technologique pour entrer dans celui de l'application industrielle. 79% des entreprises du secteur utilisent désormais l'IA.

Publié le 24/02/2026
L'IA générative levier de résilience des fournisseurs IT français

En 2025, le paysage numérique français a amorcé un virage stratégique, naviguant entre décélération conjoncturelle et impératifs de modernisation. Selon le dernier baromètre semestriel de Numeum, le secteur affiche une croissance globale de +2 %, portant la valorisation totale du marché à 71,2 milliards d’euros.

Un marché en transition vers une croissance structurelle

Si les projections pour 2026 prévoient une accélération à +4,3 %, l'année passée témoigne d'une transformation profonde de la nature des investissements IT. Loin des coupes sombres, les entreprises opèrent un arbitrage rigoureux. Malgré une prudence macroéconomique évidente, 64% des DSI augmentent leurs budgets.

Ce maintien des capacités d'investissement est dicté par une corrélation directe entre survie opérationnelle et maturité technologique. Les priorités sont désormais cristallisées sur la sécurité des systèmes d’information (50%) et l’intelligence artificielle générative (43%).

L’IA n'est plus un poste d'expérimentation, mais une nécessité budgétaire de premier plan. Elle est soutenue par des budgets portés par « des effets inflationnistes et un nombre de projets en augmentation ».

Ce basculement prépare le terrain pour une intégration systémique de l'IA, transformant la prudence actuelle en socle de croissance pour l'exercice suivant. Cette analyse est étayée par l’AI Radar 2026 du BCG, qui anticipe lui aussi une hausse des dépenses en IA.

GenAI : De l'expérimentation à l'impact

Le secteur numérique français a franchi le cap de la curiosité technologique pour entrer dans celui de l'application industrielle : 79% des entreprises du secteur, ESN, ICT et éditeurs, utilisent désormais l'IA. La répartition est équilibrée entre solutions déjà opérationnelles (44%) et déploiements en cours (35%).

L’analyse des indicateurs financiers révèle que 40% des entreprises constatent un impact positif de l’IA générative sur leurs marges et leur chiffre d’affaires, en plus des gains constatés en matière d’amélioration de la productivité.

Les vecteurs de cette création de valeur sont multiples : la création de nouvelles offres (63%), l'accélération critique du delivery (58%) et l'optimisation des taux de gain sur les appels d'offres (54 %).

Pour les fournisseurs hexagonaux du numérique, « l’IA est dorénavant vue comme un vecteur de croissance et de marge ». Alors que les gains de productivité technique constatés s'établissent à 15% en 2025, les prévisions de 19% pour 2026 soulignent une volonté d'automatisation massive. Cette efficience interne devient l'arme principale pour restaurer les marges érodées par la pression tarifaire des clients.

L'ascension des éditeurs et la mutation forcée des services

Les éditeurs de logiciels et plateformes maintiennent une trajectoire robuste à +8,2 %, portés par un modèle SaaS devenu « un moteur structurel établi » (77% des nouveaux projets sur les trois derniers mois).

La migration vers le cloud public (+18,1%) et le SaaS (+12,9%) offre une récurrence et une scalabilité qui font défaut aux activités de services. Ces chiffres permettent d’ailleurs, à ce jour, de nuancer les impacts anticipés par les investisseurs des agents IA sur le SaaS et ses revenus.

À l'opposé, les Entreprises de Services du Numérique (ESN) subissent en 2025 un recul de -1,8 %, tandis que le Conseil en Technologies (ICT) décroche de -2,5 %, plombé par l’arrêt brutal des projets de R&D. Ce repli des ESN cache cependant des disparités critiques.

Si le "Run" résiste (+1,9 %), le Conseil (-3 %) et les Infrastructures (-3.7 %) sont en souffrance. Face à une "focalisation prix" et une massification des fournisseurs imposée par les donneurs d'ordres, les ESN activent deux leviers de survie.

D'une part, une montée en puissance spectaculaire du Nearshore/Offshore, qui pèse désormais 18% du chiffre d'affaires du secteur (6 Md€). Cela représente un bond de 2,5 points en un an. D'autre part, une mutation RH radicale.

59 % des entreprises du conseil, les ex-SSII, privilégient désormais la formation interne au recrutement, tout en déployant l’IA et l’automatisation (49%) pour optimiser des taux d'occupation sous surveillance.

Le paradoxe de la souveraineté et de la régulation

La souveraineté numérique s'est imposée dans le débat politique. C’est un peu moins vrai sur le marché, même si des signes suggèrent une dynamique. Ainsi, 42% des entreprises accompagnent désormais leurs clients sur ces enjeux.

Les projets liés à la souveraineté, dont le ticket moyen oscille entre 150 k€ et 200 k€, témoignent d’un changement de dimension, « au-delà de la prise de conscience, [avec] des premiers signaux d’investissement sur la souveraineté ».

En 2025, les interventions des fournisseurs sur le thème de la souveraineté numérique se concentrent sur le conseil stratégique (67%), les migrations vers des clouds souverains (56%) et la cybersécurité (54%).

Toutefois, ce dynamisme se heurte à un paradoxe réglementaire majeur. Si les contraintes NIS2 et l’IA Act structurent la demande, la mise en conformité technique piétine. Un signal d'alarme retient l'attention : 50% des éditeurs ne savent toujours pas quel référentiel RGAA appliquer.

Numeum y voit une révélation de la méconnaissance profonde des enjeux d'accessibilité. Ce fossé entre l'ambition souveraine et la réalité opérationnelle de mise en conformité constitue l'un des risques majeurs pour la crédibilité du secteur à court terme.

Perspectives 2026 : Vers une industrialisation généralisée

L'exercice 2026 devrait marquer la fin de la transition avec un marché global attendu à 74,3 milliards d’euros. Ce rebond sera soutenu par une reprise des activités de services (+1,4%) et une consolidation de la croissance des éditeurs (+8,4%).

La reprise espérée par les offreurs devrait être particulièrement vigoureuse dans les secteurs de l'Industrie (+4,5%) et des Services (+6,6%), contrastant avec la prudence persistante du secteur bancaire (+2,9%).

L'industrialisation de l'IA générative et l'augmentation généralisée des investissements IT seront les moteurs de ce nouveau cycle. Signe de ce redémarrage anticipé, le manque de ressources humaines compétentes.

Cette crainte avait quitté le podium des préoccupations. Elle redeviendra le deuxième défi majeur des dirigeants du secteur en France. Cette tension renouvelée sur le marché de l'emploi confirmera la « forte dynamique du secteur grâce au retour à la croissance des activités de services », validant la stratégie de pivot vers la valeur engagée par les acteurs du numérique durant la crise de 2025.

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